Le paraître est un pare-être pour certains
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
Il y a des jours où certains patients vous remontent le moral !
Il suffit de se laisser enseigner par eux. J’ai envie de vous expliquer cela en vous parlant d’une jeune femme qui répétait sans cesse l’expression de « casser la croûte ». A la longue, je me demandais ce qu’elle voulait vraiment dire. Et c’est en posant la question que tout s’est éclairci. Bien sûr, Peau d’âne ! Se protéger !
Ainsi la croûte permet de ne pas être totalement atteinte, ma mie. Un grand-père incestueux avait tué quelque chose de la fillette. Elle n’en avait pipé mot à quiconque. Mais grossi, oh oui ! Cette croûte éloigna même le vieil homme lubrique. Mission accomplie ! La paix, en quelque sorte…
Et puis, casser la croûte, elle aimait bien cette gamine que l’on disputait d’être si gourmande. Murée dans son silence, elle avalait effectivement tout ce qui passait. Elle se cachait, honteuse. On lui avait même dit que c’était un péché capital, la gourmandise. Elle se sentait coupable, alors. Mais elle n’avait rien révélé de ce que le grand-père vicelard lui faisait subir. Honteuse encore. Peureuse aussi…
Quand elle cassa enfin la croûte en m’en parlant, elle cracha le morceau… Et réussit à trouver un pare-faim !







